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LES BONNES QUESTIONS
Voir aussi : Pesticides et santé et Pesticides et pollution
PESTICIDES ET ALTERNATIVES AGRICOLES
Est-ce utile de consommer "Bio" ?
En consommant des produits issus de l’Agriculture Biologique, on est sûr de manger des produits ne contenant pas de résidus de pesticides de synthèse, car le cahier des charges de l’AB interdit leur utilisation. Cette consommation de produits « Bio » va donc être favorable à la santé du consommateur qui ne sera pas contaminé par des résidus de pesticides et aussi à la santé de l’environnement puisque issus d’une production sans toxique de synthèse. Certaines études montrent même que les aliments « bios »sont plus riche en certains composants utiles à la santé ( vitamines, anti oxydants…). Prenons par exemple une étude (1) passant en revue 150 projets de recherche comparant aliments biologiques et non-biologiques. Cette étude confirme qu’en dépit de méthodes de recherche très variables, la tendance montre moins de contaminants ou composants indésirables, en même temps que plus de composants désirables (comme les vitamines) dans les aliments biologiques comparés aux aliments non biologiques. Les valeurs nutritionnelles des aliments biologiques sont très impressionnantes.
1. K Woese, D Lange, C Boess, KW Bogl, A comparison of organically and conventionally grown foods: results of a review of the relevant literature, Journal of Science, Food and Agriculture, 74, 281-293, 1997.
Les pesticides ont-ils un rapport avec les OGM (organismes génétiquement modifiés) ?
Rappel : 71% sont des plantes OGM sont prévues pour supporter des traitements herbicides et 28% sont des plantes prévues pour sécréter leur propre insecticide : 99% des plantes OGM sont donc des ‘plantes à pesticide’ !
Les plantes OGM ont été présentées au public comme étant des plantes appelées à résoudre, outre la faim dans le monde, les problèmes de pollutions par les pesticides, en réduisant l’emploi de ceux-ci en agriculture.
En fait, la réalité est tout autre: les firmes de l’agro-industrie ont vu, avec l’exploitation agricole industrielle des OGM, la possibilité d’augmenter la vente de certains herbicides par la commercialisation de plantes OGM résistantes à ces herbicides particuliers, comme le fameux Round Up.
Le principe est simple : quand des semences sont tolérantes à un herbicide, elles sont les seules à le supporter et le produit tuera donc toutes les autres « mauvaises herbes » du champ. Pour les firmes le bénéfice est double car elles vendent à la fois leur semence OGM (plus chère que la semence classique) et leur herbicide. La culture du soja transgénique résistant au RoundUp aux Etats-Unis a conduit à une augmentation des ventes de cet herbicide de 72% depuis 1997. En Argentine le même soja transgénique est devenu résistant au RoundUp et quand il se répand dans la nature il faut maintenant utiliser du paraquat ( herbicide extrêmement toxique et sans antidote connu) pour détruire ce soja devenu…mauvaise herbe résistante!
Quelles sont les alternatives aux pesticides ?
En France, l'Agriculture Biologique (1) est la meilleure alternative puisqu'elle n'a pas recours aux pesticides de synthèse. D'autres formes d'agriculture prenant en compte le respect de l'environnement existe. Il s'agit de la Production Intégrée (2) et de l'Agriculture Durable comme celle pratiquée en Bretagne par le Réseau Agriculture Durable , le RAD(3) : Ces deux agricultures tolèrent encore une utilisation réduite de pesticides de synthèse mais constituent un pas dans la bonne direction.
Ces agricultures sont compatibles avec la nécessité de produire de la nourriture en quantité suffisante puisque la FAO recommande aux pays dits « en voie de développement » l’utilisation des techniques de la production intégrée…(parce qu’elles utilisent moins de pesticides, entre autre avantages ) !
1. la Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique (FNAB).
2. l'OILB, Organisation Internationale de Lutte Biologique et intégrée.
3. le réseau RAD.
Que sont "l'agriculture raisonnée" et la production "intégrée" ?
- L’agriculture raisonnée : Cette démarche est officialisée par le décret n°2002-631 du 25/04/02 relatif à la qualification des exploitations agricoles au titre de l’agriculture raisonnée. Dans le référentiel national, les mesures touchant les pesticides sont au nombre de 16 sur 98, dont 7 renvoient seulement à des dispositions réglementaires en vigueur. Elles visent, souvent à seulement limiter les grosses erreurs de traitement ou les risques de pollution ponctuelle. Mais elles n’inscrivent pas l’agriculture raisonnée dans une démarche où l’agriculteur va résolument mettre en oeuvre des pratiques qui lui permettraient d’éviter d’être dans une situation où il aura à traiter. L’agriculture raisonnée n’a pas d’objectif de réduction de l’utilisation des pesticides. C’est au mieux de l’agriculture conventionnelle faite correctement, sans plus.
- Les systèmes de production intégrée : sont des systèmes agronomiques plus ambitieux qui prennent en compte l’ensemble de l’exploitation et qui réduisent les risques de développement de bio-agresseurs. Dans le cadre de la définition générale de la Production Intégrée donnée par l'OILB (1) , la Production Intégrée est définie comme étant une production économique de haute qualité donnant la priorité aux méthodes écologiquement plus sûres, minimisant les effets secondaires indésirables et l'utilisation des produits agrochimiques afin d'améliorer la protection de l'environnement et la santé humaine. Avec la production intégrée, on a donc un objectif de minimisation de l’utilisation des pesticides. Les deux tiers environ de l’agriculture suisse est conduite selon les préceptes de la Production Intégrée.
1. OILB : Organisation Internationale de Lutte Biologique et intégrée .
Voir aussi : Pesticides et santé et Pesticides et pollution
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