Pesticides, agriculture et environnement, 3 mots réunis pour un rapport d'expertise.
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Les Ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie ont demandé à l’INRA et au Cemagref d'établir un état des lieux des connaissances sur les pesticides sur lesquelles pourraient se fonder des actions visant à réduire le niveau actuel d'utilisation des pesticides et leurs impacts environnementaux. Cette fois les experts n'ont pas donné dans la langue de bois.
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La première réaction de l'Etat, otage des lobbies, ne s'est pas faite attendre…Une forte réticence de la part des représentants du pouvoir public s'est manifestée le jour de la présentation de ce rapport d'expertise.
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Un rapport sérieux et courageux.
L'expertise collective a aboutit à un rapport, pour s' achever par l'organisation d'une journée de restitution, le 15/12/2005 à Paris, à laquelle le MDRGF était convié. Nous avons eu le plaisir de constater que nombres des arguments mis en avant par les partisans d’une nécessaire réduction de l’utilisation des pesticides depuis des années ont été repris dans ce rapport.
1. Des risques pour la santé.
Ainsi, il est reconnu que « les risques pour la santé humaine (des pesticides) apparaissent suffisamment plausibles pour être mentionnés dans tous les rapports et le plan Santé-Environnement et pour justifier le lancement d’études épidémiologiques et la commande d’une expertise à l’INSERM. ».
2. Des problème de résistances.
Le rapport établit aussi les risques des pesticides pour l’agriculture conventionnelle elle-même avec, par exemple, l’apparition de résistances à la plupart des familles chimiques de pesticides.
3. Réduire l'usage des pesticides!
Ce rapport met surtout en avant « la nécessité de réduire les utilisations de pesticides pour en limiter les impacts », allant en cela au delà des simples limitations de la dispersion des pesticides dans l’environnement ou du raisonnement des traitements. En publiant ce rapport, l’INRA se rapproche donc des positions du Parlement Européen qui avait demandé, en 2002, l’adoption d’une Directive pour la réduction de l’utilisation des pesticides en Europe.
4. Promouvoir les alternatives
Ce rapport met en avant des solutions réellement efficaces sous forme de « stratégies alternatives » au premier rang desquelles la production intégrée, qu’il présente comme « une démarche nécessaire », et l’agriculture biologique, que nous préconisons depuis longtemps.
5. Suivre l’exemple...
Ce rapport s’appuie sur les nombreux exemples de pays européens qui ont mené, avec succès, des politiques volontaristes de réduction de l’utilisation des pesticides agricoles. En se fixant des objectifs très ambitieux, ces pays sont arrivés à des résultats spectaculaires. Ainsi le Danemark s’est fixé un objectif de réduction de 50% entre 1987 et 1997 et a atteint l’objectif de 47% ! Entre 1997 et 2002, l’utilisation a encore été réduite de 20%, et le 3° plan prévoit encore une baisse de la fréquence des traitements d’ici 2009 !
6. Taxer les pesticides
Ce rapport conseille aussi le recours à une « taxation suffisamment élevée pour être dissuasives vis-à-vis de l’emploi des pesticides ».
Le seul bémol....un gouvernement sans ambitions!
Malheureusement, les responsables des ministères concernés ont très vite fait savoir que les préconisations du rapport d’expertise INRA/Cemagref ne leur convenaient pas.
Dès les interventions préliminaires du colloque de restitution du 15 décembre 2005, le représentant du Ministère de l’Agriculture faisait savoir que les mesures de taxation préconisées ne seraient pas retenues.
La Directrice de la DGAL (Direction générale de l'alimentation) concluait le colloque par des propos démobilisateurs et sans ambitions, achevant de tuer les espoirs soulevés par la présentation du rapport des experts scientifiques le matin même.
Le signal est clair : le gouvernement - très attaché au lobby de l’agrochimie- ne veut pas entendre parler de réduction de l’utilisation des pesticides. Il entend continuer comme si de rien n’était. Pour preuve, le colloque scandaleux qu'il a organisé dès le lundi 19 décembre à l’assemblée nationale sur l’agriculture durable… sans un seul représentant de la bio, du RAADIS, ou des ONG écologistes à la tribune ! Les représentants de l’UIPP, de BASF, de Monsanto ont eu, quant à eux, tout loisir d’exposer leur vision (durable !) de l’agriculture. Dans les semaines qui viennent et dans le même esprit négationniste sera publié un plan gouvernemental de « réduction des risques liés à l’utilisation des pesticides » qui ne contiendra probablement…aucun objectif de réduction de l’utilisation des pesticides !
En savoir plus
>>> INRA: Télécharger la synthèse du rapport
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