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Le MDRGF travaille de concert avec une jardinerie (Botanic ©) pour réduire l’usage des pesticides chez les jardiniers professionnels et amateurs.
La France pulvérise chaque année sur son territoire 80000 tonnes de pesticides (1). Ce chiffre la place en tête des consommateurs européens et en 3ème position au niveau mondial. Les usages non agricoles représentent environs 12% du marché mondial des pesticides. En France, les usages non agricoles représentent 10% de la consommation totale - jardin 8% et espaces verts 2%, avec une utilisation à plus de 95% pour les herbicides(2).
L’usage fait en jardin est en proportion très important au regard de la surface utilisée pour ce type de pratiques. Outre cette donnée, l’on constate des carences importantes au niveau de l’information sur l’usage et la dangerosité de ces produits tant chez les jardiniers amateurs, que chez les vendeurs en jardinerie(3). De plus, l’utilisation des ces produits (notamment le désherbage des allées ) a pour conséquence un lessivage important des produits (revêtement perméable type dalles de pierres…) et donc une contamination directe des eaux sans être « filtrés » par le sol.
L’étude(4) que le MDRGF a mené sur les gammes de pesticides vendu par Botanic, à la demande de cette jardinerie, révèle qu’un nombre important de ces produits, malgré leur mention spécifique(5), contiennent des matières actives toxiques et même très toxiques, avec des risques pour l’environnement (pollution des eaux, impact sur la faune et la flore non ciblées…) et pour la santé (molécules pouvant être classées cancérigènes, toxique pour la reproduction, neurotoxqiue…).
Outre les classifications toxicologiques officielles de ces pesticides, des études épidémiologiques montrent que les conséquences sur la santé de ces produits utilisés au jardin sont identiques à celles utilisés en usage agricole, ainsi, pour exemple :
Une étude conduite en France montre que l’utilisation de pesticides à la maison augmente le risque de cancer du cerveau chez l’enfant(6). De même, le traitement des pelouses par des pesticides a été relié à un taux accru de sarcome (= tumeur) des tissus mous chez l’enfant(7).
Il est donc essentiel d’informer le consommateur sur la dangerosité de ces produits et de l’inciter à modifier ses pratiques en optant pour un jardinage le plus écologique possible. C’est la démarche entreprise par Botanic en ce sens qui nous est apparue intéressante et novatrice, et qui nous a incité à mener pour eux notre expertise, basée sur des données officielles. C’est que le MDRGF, à la demande de Botanic, est venu présenté le vendredi 8 décembre lors d’une conférence de presse riche d’échanges et de débats.
2.Observatoire des Résidus de Pesticides (ORP) et UIPP - UPJ synthèse OPECST
3. Dossier de l’UFC Que choisir sur la vente de pesticides décembre 2005
4. Classement écotoxicologique, toxicologique et sanitaire des matières actives incluses dans les pesticides autorisés au jardin, avril 2006
5. Usage autorisé au jardin
6. S.Cordier, M.J Iglesias, C.Le Goaster et al ; Incidence and risk factors for childhood brain tumours in the Ile de France. Intl J Cancer 59 (1994) 6: 776-82.
7.J.K.Leiss and D.A.Savitz, Home pesticide use and childhood cancer : a case control study, Am J Public Health85 (1995)2 :249-52