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Le MDRGF et son Président rendent hommage à Jean Chesneaux

Jean Chesneaux nous a quittés le 23 juillet 2007, à l’âge de 85 ans. En même temps qu’un long parcours d’historien engagé, humaniste et pacifiste, il portait inlassablement le souci de l’équilibre écologique de la planète et ne cessait de promouvoir l'idée d'un mouvement écologiste mondial.

 

Jean Chesneaux était professeur émérite à l’université Paris-VII (histoire contemporaine de l’Asie orientale), directeur d’études à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales). Jean Chesneaux est l’auteur de nombreux ouvrages. Il était  conseiller à la rédaction de la revue Écologie & politique, membre du comité de rédaction de La Quinzaine littéraire. Son dernier ouvrage, L’Engagement des intellectuels, 1944-2004, est aussi le témoignage sur le monde et sa « face immonde » du voyageur infatigable qui ne cachait pas sa passion pour Jules Verne.


Membre du Conseil scientifique d’Attac, il a œuvré à la prise en compte par l’association de la dimension écologique des questions sociales et à la construction d’une nouvelle culture politique. Il était Président d’honneur de Greenpeace-France après avoir assuré la présidence de l’association écologiste de 1997 à 2004.

C’est en travaillant à ses côtés comme administrateur du Conseil d’Administration de Greenpeace France puis en lui succédant comme Président que François Veillerette, Président du MDRGF, a connu Jean Chesneaux, dont il a pu apprécier la profondeur de la pensée, de l’engagement, l’intelligence vive et aussi l’humanité profonde et chaleureuse.

Méditons ensemble le message qu’il nous laisse lors d’une de ses dernières interventions publiques le 24 mars 2007 durant le séminaire organisé par Attac :

Les mouvements sociaux confrontés à la crise écologique .
« Acceptons-nous de prendre la mesure politique de ce moment tout nouveau ? Pour la première fois dans leur histoire multimillénaire, les sociétés humaines sont menacées dans leur existence physique, et cela du fait même de leur activisme économique et technique inconsidéré. L’humanité se révèle capable de détruire la base même de son être historique. On peut déjà anticiper, au moins dans leur ordre de grandeur, les effets funestes de processus comme la hausse du niveau des océans et le réchauffement des moyennes thermiques. Souligner que nous vivons un moment de tous les dangers, ce n’est pas céder à la panique. C’est affronter les exigences de ce qu’un intervenant a appelé ce matin la transition écologique. C’est-à-dire l’entrée dans une ère historique où le destin même de l’humanité dépend de son aptitude à préserver les conditions écologiques de son existence.

C’est pour affronter ce moment singulier qu’il nous faut élargir notre culture politique à de nouveaux outils conceptuels et de nouveaux indicateurs, devenir familiers avec de nouveaux types de dossiers et encore élaborer un nouvel imaginaire.

Construire une culture écologique à la mesure des nouvelles exigences politiques de notre époque, c’est donc construire les instruments politiques globaux, capables de faire face aux nouveaux périls que nous affrontons. Et nous n’attendrons pas l’hypothétique naissance d’un super-État mondial ... Vaste chantier, piégé mais inéluctable. Le global devient le cadre même, dans lequel s’organise désormais le périlleux face-à-face entre Société et Nature ; c’est dans le global que l’humanité doit aujourd’hui maîtriser son destin. L’écologie en crise met en péril l’avenir même de la société  ».

 

"Au revoir Jean, votre combat et votre engagement inspireront longtemps nos propres combats écologistes. Merci pour l’exemple, les pensées et la force que vous nous transmettez. "


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