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Incendie d'un entrepôt de pesticides à Béziers
A Béziers (Hérault), un bâtiment d'environ 6500 m2 de l'usine "SBM Formulation*" classée "Seveso II" (risque haut), a commencé à brûler vers 19 heures dimanche 26 juin 2005 et s’est entièrement embrasé vers 3h00 du matin lundi 27 juin, l’usine ressemblait à un « mur de feu » d’après plusieurs témoins.

Selon les sources officielles, au moins 2000 tonnes de fongicides et d'insecticides, plus les stocks d'emballages de toutes sortes, sont partis en denses fumées noires, sous forme d'un nuage continu pendant plusieurs heures, puis de façon moins dense pendant plusieurs jours. Le feu n'était toujours pas complètement éteint le samedi 2 juillet, soit 6 jours après le début de l’incendie ! et de la fumée continuait de sortir de l'usine. Le 6 juillet, l'odeur restait persistante lorsqu'on passait sur l'autoroute près de l'usine mais la fumée semblait avoir cessé.
Selon les autorités les émanations produites lors de l’incendie seraient sans danger pour la santé publique …..
Pourtant les témoignages recueillis sont plus inquiétants…
« Il y avait un nuage immense et noir qui couvrait tout, des flammes montaient très haut », raconte Georgette Manzanares, dont le pavillon donne sur l'usine. « C'était irrespirable et ça faisait pleurer. »
Dans le voisinage, les témoignages se ressemblent : « J'ai travaillé le matin dans la zone, dit Marie-Claude Leclerc, psychologue dans une entreprise de formation. Les yeux et la gorge nous grattaient. » Selon Sophie Donzier, de l'association Arbre, le nuage de fumée a voyagé : « J'étais à 40 km de Béziers ce matin-là. Ça sentait très fort le soufre. »
A ce jour 143 personnes au moins se sont faits connaître auprès des médecins de la zone concernée pour des troubles pulmonaires, cardiaques ou cutanés.
Les analyses confirment la dangerosité de certains composés présents dans les fumées : d'après le Bulletin épidémiologique biterrois du 6 juillet, la fumée contenait, outre du disulfure de carbone (irritant mais relativement bénin), de l'acide cyanhydrique, de l'acide chlorhydrique et de l'acide bromique, beaucoup plus toxiques.
Plus grave encore : la liste des produits ayant brûlé n’a pas été rendue publique. Nous avons pourtant révélé que des spécialités commerciales interdites d’utilisation en France, comme le PELT 44, étaient présentes sur le site. Nous savons aussi que de nombreux produits contenant du chlore étaient stockés et qu’il y a donc lieu de craindre une pollution par les dioxines… Une pollution des sols par des résidus de pesticides peut être crainte également. Pourtant, il faudra attendre octobre pour avoir des résultats d’analyses de la pollution globale de ces fumées dans la région demandées par la DDASS à l'Institut National des RIsques Sanitaires (Ineris). Cela signifie que cette étude - qui devrait être faite depuis les premiers jours de l'incendie - ne sera publiée qu'après la récolte des fruits et surtout après les vendanges qui sont - de loin - la principale activité agricole de la région !
Face à cette situation inacceptable, le MDRGF a décidé de faire prélever des échantillons de végétaux et de terre sur place et de les faire analyser.
Le MDRGF et le laboratoire AnalatyKa ont rendu public leurs analyses....Les résultats sont à la hauteur de ce que nous pressentions.
>>> Lire les résultats
Pour en savoir plus : lire dans le Monde du 27 juillet l’article d’Hervé Kempf
Ou l’article de l’humanité
*ex CMPA, ex La Littorale, ex Union Carbide
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