Dès le 5 juillet 2005, le MDRGF et le réseau ACAP (2) mettaient en garde contre le risque de dissémination de polluants dangereux, en particulier les dioxines résultants de la combustion des pesticides chlorés présents sur le site industriel incendié. A l’époque, les pouvoirs publics n’avaient indiqué, eux, que la présence de monoxyde de carbone, d’oxydes d’azote, de dioxyde de soufre, d’acide cyanhydrique, d’acide chlorhydrique, d’acide bromhydrique, de disulfure de carbone et de méthiocarbe dans les analyses(2) d’air !
Le Directeur de l’entreprise SBM, la Mairie de Béziers et la Préfecture n’hésitaient pas à déclarercontre toute évidence, plusieurs milliers de tonnes de pesticides ayant pourtant brûlé dans l’accident - que cet incendie demeurait « sans risque sanitaire ou environnemental »(3). Le MDRGF déplorait également que la liste exacte et complète des pesticides présents sur le site n’ait pas été accessible au public comme l’impose pourtant la législation européenne en vigueur pour les ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement.
Aujourd’hui, c’est donc à une association - le MDRGF et à un laboratoire privé AnAlytikA- que revient le mérite de révéler la réalité de la pollution induite par cet incendie.
Cette situation parfaitement inacceptable- conduit le MDRGF à émettre les deux revendications suivantes :
1-Réduire l’utilisation des pesticides en France.
La fabrication, l’utilisation et le rejet de pesticides dangereux posent un problème majeur, tant environnemental que de santé publique. Il faut donc - de toute urgence réduire très fortement l’utilisation des pesticides de synthèse en France.
2-Retirer au Ministère de l’Industrie la surveillance du respect des règlements de protection de la santé publique et de l’environnement.
Les activités industrielles font souvent courir des risques parfois inacceptables- à nos concitoyens. En Europe, riverains et salariés des usines chimiques à risque ont pourtant le droit à l’information et à la sécurité, mais la France reste probablement le seul pays industrialisé au monde où la surveillance du respect de la réglementation de protection de l’environnement et de la santé publique relève des fonctionnaires du Ministère de l’Industrie. Il faut changer d’urgence cette situation car c’est seulement sous la gestion des ministères de la Santé et de l’Environnement que cette situation pourra s’améliorer. De plus, les citoyens doivent être placés au cœur des choix de production, comme l’impose la législation européenne en vigueur.
Les pouvoirs publics concernés doivent remplir les missions de protection de l’environnement et de la santé des citoyens qui leur incombent, en analysant aussi complètement que possible les risques industriels, en prévoyant leurs conséquences éventuelles, en veillant à l’application de la réglementation en vigueur, dans la plus totale indépendance vis à vis du Ministère de l’Industrie, et dans la transparence vis à vis des citoyens qui les rémunèrent.
Toutes les molécules retrouvées:
Le dépistage GC/MS a permis de mettre en évidence les polluants organiques toxiques ci-dessous :
bendiocarb
isopropyl adipate
3,4,5-trichlorobenzenamine
4-methoxy-2-methyl-1-(methylthio)benzene
Tributyl phosphate
benzaldehyde, 3-phenoxy-
Tetradecanoic acid
tris(2-chloroisopropyl)phosphate
methiocarb
Palmitic acid
Furidazol
9,10-Anthracenedione
2-Cyclopenten-1-one, 2-methyl-
Procymidone
1-(2,6-Dichlorophenoxy)-4-nitrobenzene
Butyl benzyl phthalate
Iprodione
Dioctyl phthalate
DEHP
9-CHLORO-1-AZAPHENOXANTHIIN
4-Biphenylyl acetate
p-Phenylphenol
Pour plus de renseignements et/ ou pour vous procurer le résultat complet des analyses, contactez le MDRGF.