Alors que la proposition de loi Grenelle 1 vient de paraître dans laquelle les mesures phares sur le dossier pesticides sont réaffirmées, certaines inquiétudes se font sentir au moment où doit être publié le rapport technique permettant la mise en œuvre concrète de ces mesures.
Loi Grenelle. Le MDRGF se félicite de voir réaffirmer dans la loi Grenelle 1 la mesure forte sur les pesticides visant à « réduire de moitié les usages des produits phytopharmaceutiques en 10 ans en accélérant la diffusion de méthodes alternatives et sous réserve de leur mise au point. ».
Mesurer l’objectif de réduction de 50%, le lobby fait corps. Les mois de réflexion autour des décisions à prendre pour atteindre cet objectif de réduction ont été très marqués par une réaction des lobbies soucieux de préserver leurs intérêts en faisant tout pour limiter les avancées du Grenelle.
Présent dans le COMOP Ecophyto 2018, le MDRGF n’a en effet pu que constater les efforts croissants de l’UIPP et de la FNSEA pour essayer de vider de son sens les décisions prises. Les attaques se sont concentrées sur cet objectif de réduction, les industriels et le syndicat agricole dominant cherchant à imposer un indicateur peu exigeant au plan national…et à évacuer la référence à tout indicateur au plan régional ! Comment mesurer honnêtement alors tout effort de réduction de l’utilisation des pesticides dans ces conditions ? A ce jour leurs efforts sont restés vains et M Paillotin, Président de ce COMOP, tient bon sur les objectifs initiaux. Mais pour combien de temps encore ? Il est permis d’être inquiet car les premières remontées du groupe technique sur les Zones non agricoles de ce COMOP sont empreintes de la patte de ces lobbies agro-industriels et ont été vidées de toute substance ou presque.
Zones Non Agricoles : l’exemple à ne pas suivre. Si l’usage des pesticides concerne avant tout le milieu agricole (90% de tous les pesticides épandus), le problème de l’utilisation des pesticides en ZNA constitue une préoccupation particulière du fait de l’exposition importante, directe et sans protection, à laquelle peut être confrontée la population.
Alors même que dans le cadre du Grenelle, il était reconnu la nécessité de réduire l’utilisation des pesticides et d’écarter les pesticides les plus dangereux, on constate, dans le document de travail qui nous est parvenu sur les ZNA, qu’aucune mesure forte ne sera prise pour protéger les utilisateurs ou non-utilisateurs de ces zones.
Ainsi, les responsables de ce document nous proposent de « Sécuriser et mieux raisonner l’usage » des pesticides en ZNA… quand il faudrait interdire leur usage et promouvoir les techniques alternatives respectueuses de la santé et de l’environnement. On parle simplement :
- de former à l’utilisation de ces pesticides (au passage cela signifie donc que depuis des années, les utilisateurs non agricoles on recourt à ces produits sans formation spécifique… on frémit) ;
- ou encore de « Restreindre l'utilisation des pesticides les plus dangereux dans les lieux publics »… Restreindre ? Les plus dangereux ? Puisque ce sont les plus dangereux pourquoi ne pas les interdire en vertu du principe de précaution ?
Des exemples concrets prouvent qu’on peut privilégier les alternatives à l’usage de ces produits sans que cela pose de difficultés majeures (cf. pour les jardineries l’exemple de Botanic, pour les collectivités, l’exemple de l’Isère ou de Rennes).
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« Nous redoutons que cet exemple des ZNA ne soit que le reflet de la forte pression des lobbies qui semblent vouloir tout faire pour ne pas changer. Il est temps que la France, qui se veut exemplaire sur ces questions sanitaires et environnementales, prouve qu’elle est prête, de manière concrète, à être en rupture avec les politiques passéistes en matière de pesticides. » déclare F. Veillerette, président du MDRGF. « La population, très attentive à ces questions, ne pourrait comprendre un retour en arrière ou bien de faibles avancées sur ces dossiers sensibles. » ajoute F. Veillerette
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