Professionnels,
les études scientifiques sur les expositions et les impacts sur la santé des pesticides
Expositions professionnelles

La population d’agriculteurs et de salariés agricoles est la plus exposée aux agents chimiques car selon les statistiques de la MSA cela représente 45,6% de cette population (ce qui représente environ 500 000 personnes). Selon ces statistiques il apparaît que 17% manipulent des pesticides. Les principales sources d’expositions professionnelles sont d’ordre différent selon l’étape dans l’utilisation des produits, mais se fait principalement pendant :

Application mécanisée du produit

Application manuelle du produit

Préparation du produit

Intervention sur les cultures après le traitement

Intervention à proximité d’un traitement en cours

Manipulation de semences traitées

Nettoyage du matériel ou de l’Equipement de Protection Individuel

Stockage et déstockage

Selon le réseau de toxicovigilance de la Mutuelle Sociale Agricole, Phyt’attitude, 28% des cas d’intoxication se font pendant l’application mécanisée du produit, 18% pendant l’application manuelle et 18% pendant la préparation des pesticides. Le nettoyage du matériel n’étant lui responsable que de 6% des cas. Nous pouvons donc voir que l’exposition se fait indistinctement pendant la manipulation et l’utilisation des pesticides.

Il est à noter que le port des équipements de protection, principale mesure de prévention et de protection sur site, ne s’avère pas si efficace si l’on en croit les analyses de l’étude PESTEXPO (menée en France sur l’analyse de l’efficacité des équipements individuels de protection). Les grandes conclusions de cette étude étaient donc que :

Le port d’un vêtement de protection n’évite pas totalement la contamination

Lors de la préparation, le port d’une combinaison limite en partie mais n’évite pas totalement la contamination

Lors des phases de traitement et de nettoyage, les personnes ayant porté une combinaison étaient globalement plus contaminées que celles qui n’en portaient pas.


Pour expliquer cela, plusieurs hypothèses ont été testées mais la plus surprenante, qui a été validée par des tests complémentaires, réside dans le fait que les matériaux pour les combinaisons sont perméables aux molécules de pesticides qui peuvent donc traverser cette barrière de protection, aussi rapidement qu’en 1 minute !

L’on voit très bien par cette étude que l’approche de prévention par les seuls équipements de protection est limitée et que les demandes d’interdiction des pesticides les plus dangereux sont d’autant plus légitimes pour assurer une prévention maximale de l’exposition.

Le réseau Phyt’attitude de la MSA

C’est un réseau de toxicovigilance initié par la MSA pour répondre à l’urgence de certaines intoxications aigues, servant aussi de point de référence pour des conseils sur la manipulation des pesticides. Les données disponibles indiquent une augmentation de ces incidents au cours des dernières années. Ainsi en 2004, 195 dossiers ont été enregistrés (133 dossiers en 2002 et 105 en 2003) sur 250 appels qui concernaient des expositions accidentelles. C’est pour la viticulture et l’arboriculture que les incidents sont les plus fréquents, et, dans l’ensemble, ce sont les insecticides et les fongicides qui sont les plus incriminés.

Les études de risque prévues pour tester la dangerosité des pesticides sont insuffisantes pour vous protéger. Des valeurs limites pour les activités professionnelles (Valeurs Limites d'Exposition - VLE) ont été fixées mais elle ne couvre que peu de substances. La liste de ces limites fournie par l'Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) montre qu'une 50aine de pesticides sont couverts, mais parmi ceux-ci nombreux sont ceux qui sont interdits, laissant ceux sur le marché sans VLE et donc sans normes d'exposition.