Découvrez les témoignages de personnes victimes des pesticides
Témoignage vidéo de Robert, riverain de cultures intensives de pommes, qui s'inquiète des impacts sur l'environnement et la santé dus à l'exposition aux pesticides.
J.L: "Maintenant à la retraite, j'étais médecin (professeur de Médecine et chef de service au CHU voisin) et scientifique (ancien chercheur et longtemps directeur d’une unité de recherche du CNRS). J’habite la campagne, un hameau de 4 maisons où vivent 7 adultes et 4 enfants. Le hameau est entouré de toutes parts de champs adjacents, les maisons étant à quelques mètres des cultures de céréales qui ont remplacés les prairies qui existaient auparavant. Parallèlement, nous avons constaté la raréfaction des fruits malgré de superbes floraisons (quasi disparition des abeilles malgré le fait que deux agriculteurs implantent des ruches au bord de leurs champs de maïs) et la mort de nombreux petits arbres (9 ce printemps), figuiers, poiriers, pêchers, groseilliers, etc…récemment plantés et régulièrement arrosés.
Depuis plusieurs années, j’ai un problème neurologique qui se reproduit au printemps, des troubles de l'équilibre curieusement apparus après avoir respiré des pesticides pulvérisés dans le champ voisin. C’est assez gênant de devoir se tenir aux murs pendant plusieurs jours ou semaines et de tomber régulièrement. Ma femme a eu des problèmes analogues, moins graves, en même temps et aussi juste après une pulvérisation voisine, et la voisine se demande pourquoi il lui arrive de perdre l’équilibre. Il s’est avéré que le mélange utilisé pour ces pulvérisations comporte de la cyperméthrine, un insecticide bien connu comme responsable de manifestations neurologiques. Il y était associé à un herbicide, le 2,4 D. Curieusement, j’ai eu en même temps un pré-diabète (heureusement corrigé par un simple régime). On sait depuis longtemps qu’un des effets du 2,4 D est l’induction de diabète.
Ce printemps a été marqué par un nouveau souci. L'apparition de sévères troubles du rythme cardiaque m'a conduit à un bilan à l’hôpital. Il a révélé une atteinte cardiaque ischémique grave (le sang n’arrive pas en quantité suffisante au niveau du muscle cardiaque), sans avoir aucun des facteurs habituels d’ischèmie cardiaque, i.e. glycèmie normale depuis 3 ans, cholestérol et autres lipides , pas d’hypertension, arrêt du tabac en 1973 et surtout artères du coeur (coronaires) normales à la radio (coronarographie). L’étude faite dans les régions américaines de culture de blé (Mortality from Ischemic Heart Disease and Diabetes Mellitus (Type 2) in Four U.S. Wheat-Producing States: A Hypothesis-Generating Study. D. M. Schreinemachers, Environ. Health Perspect. 2006, 114, 189-193) rapporte des constatations identiques et les attribue au 2.4 D.
Coïncidence troublante, 4 autres adultes habitant le hameau ont aussi des troubles du rythme cardiaque. Le voisin agriculteur les attribue au tabac (même si personne ne fume), et Il a aussi ces troubles qu’il attribue au stress.
Lorsqu’on parle de toxicité des pesticides, tout le monde rigole. Pas seulement la plupart des agriculteurs, mais aussi beaucoup de médecins. Les neurologues du CHU ignoraient la neurotoxicité de la cyperméthrine, pourtant bien connue. On commence seulement à parler des liens entre maladie de Parkinson et pesticides agricoles alors que la littérature médicale contient 548 publications, de l’induction de lymphomes (cancers des ganglions lymphatiques, 450 études publiées, bien connue dans un CHU proche de cultures de pommes). Les cardiologues ignoraient tout des liens entre herbicides et ischèmie cardiaque et j’ai du leur passer une copie de la publication américaine récente."
C.A. (Les Baronnies, Drôme): "Ce mas inoccupé depuis plusieursannées que j'ai acquis en 1977 se trouve dans un cadre exceptionnel avec une vue imprenable sur la campagne et les montagnes. Il était entouré de vergers, d’abricotiers et de cerisiers, jouxtant la maison. Ma source d’eau alimentaire se trouve au milieu du verger mais est cependant ma propriété.
Mon voisin connaissait cette situation lorsqu’il a acquis ces terres en 1980. Du fait que je ne séjournais qu’occasionnellement dans cette maison, j’ai toujours privilégié la relation avec mes voisins et pour cela, avec mon épouse et mes enfants, nous les aidions bénévolement lors des récoltes et je me suis donc toujours tu pour ne pas dégrader cette relation malgré des impacts manifestes de mon bénévolat. En effet,lorsque je participais aux cueillettes, j’étais les bras nus. A la fin du mois d’août, je commençais à avoir des démangeaisons sur les bras et les épaules jusqu’en décembre. J’ai consulté mon médecin qui m’a prescrit des pommades à appliquer mais sans effet. Finalement, j’ai conclu que cela ne pouvait provenir que des contacts involontaires avec les feuilles des arbres et j’ai décidé de ne plus participer aux cueillettes et d’aider mon voisin différemment. A partir de ce moment mes démangeaisons avaient disparu après l’été. C’était manifestement le contact avec les arbres qui provoquaientla chose. J’en ai parlé à mon voisin qui a rigolé de moi…… et avait minimisé la chose !
Cependant, depuis ma retraite, je suis à la maison durant les ¾ de l’année et j’ai à subir les nuisances provoquées par les travaux agricoles. Malgré mes demandes, il n’a pas accepté et au contraire a accentué ses agissements. En conséquence, le climat et la relation franchement « familiale » du début, s’est détériorée. J’ai eu à subir divers préjudices dont certains très graves (incendie, pollution de ma source, dégradation des accès, orientation des eaux de ravinement sur ma propriété) pour lesquels j’ai déposé des plaintes. Celles-ci ont toutes été classées sans suite faute de preuves incontournables. Je lui ai signifié qu’il ne respectait pas la législation applicable aux pulvérisations. Que ce soit le respect des distances (par rapport à mon habitation et à ma source), les conditions atmosphériques (vent), l’heure à laquelle il les effectue (des nuits entières à pulvériser), il ne respecte rien. Jamais il ne m’a informé de la dangerosité des produits. Je ne pouvais sortir de chez moi avant 4 à 5h après les pulvérisations et nettoyer sérieusement le mobilier de la terrasse.
La conciliation a échoué. Mon intervention auprès du maire n’a eu aucune suite (cela peut-il s'expliquer par le fait qu'il est agriculteur ?) et les plaintes que j'ai déposé ont toutes été classées sans suite sous des arguments discutables.
Il ne m’est dès lors resté qu’une solution….. vendre ma maison et partir ailleurs. Ce que j'ai fait un prenant soin de vérifier l'absence de champs.
Je m’interroge sur l’existence des contrôles sanitaires et sur leur efficacité. Jamais en trente deux ans, je n’ai pu constater qu’il y en avait.
Ces agriculteurs-là, qui ne repectent pas la réglementation mais qui par ailleurs revendiquent toujours des aides, seront la cause de la destruction de notre monde pour leur seul profit.
Il n’y a qu’à voir le nombre d’êtres vivants qui disparaissent d’année en année, qu’il s’agisse d’insectes, d’oiseaux, d’animaux……et peut-être de personnes. De nombreuses espèces sont en diminution. Les cigales se sont tues dans ces vergers, les abeilles périssent, les oiseaux n’égaient plus notre jardin, le petit gibier a disparu de ces cultures…etc…etc
C’est plus qu’alarmant"
P.B.: "Notre maison est située en bordure d'un champ cultivé, séparée de ce dernier par une route goudronnée d'accès de quelques mètres de large. Le champ se situe face à la terrasse. Une haie de 1m40 de hauteur longe notre clôture. La terrasse est a une dizaine de mètres du champ.
L'exploitant productiviste, qui travaille le champ en question, traite indépendamment des directions et forces de vents mais nous ne l'avons jamais constaté par Beaufort supérieur à
3.
L
'odeur des produits est fortement désagréable, le ressenti varie en fonction des directions de vents pendant et après l'épandage. Nous avons "intercepté" l'exploitant lors d'un de ses traitements et lui avons fait remarqué qu'il traitait alors que les vents soufflaient vers les habitations. Il s'est excusé mais s'est empressé de nous dire que de toute façon les produits étaient inoffensifs pour l'homme vu que les fabricants le certifiaient... Et n'a pas souhaité poursuivre la conversation.
A ce jour les dommages constatés sont les suivants :
- Odeurs fortement désagréables
- Résidus sur le potager "Bio" que nous essayons d'entretenir.
- Disparition quasi-totale des abeilles sur notre jardin (très fleuri) qui était pourtant en plus grand nombre en 1997 lors de notre emménagement.
Nos craintes sont évidement sur notre santé et celle de nos deux enfants à moyen ou long terme compte tenu de tout ce que l'on découvre avec le temps sur la nocivité de ces produits.
Compte tenu de l'état de la législation sur le sujet, la seule action possible aujourd'hui est de constater un épandage par plus de Beaufort 3 sur le fait (Vidéo, photos a l'appui), de lui faire un courrier recommandé pour lui demander de respecter le code rural et les recommandations des fabricants sous peine d'une action juridique. Mais cette approche ne nous satisfait pas : nous sommes convaincus que nous absorbons ces produits même si l'exploitant respecte scrupuleusement les lois et recommandations des fabricants. Une législation beaucoup plus stricte du type "pas d'épandage à moins de 100 voir 150m des habitations en aucun cas" serait un premier pas dans le bon sens en attendant un arrêt total de ces pratiques absurdes et destructives.
A terme le champs va être constructible, ainsi nous en sommes venus à souhaiter ces nouvelles constructions que nous redoutions au départ. Ceci dit le problème n’en sera que déplacé."
Témoignage vidéo de Bertrand, riverain de champs de céréales et de grandes cultures. Son fils a été victime de problèmes de thyroïde suite à une exposition aux pesticides.
R.C. (Landes): "J'habite une propriété familiale construite au 18ème siècle. Notre plus proche voisin est un arboriculteur qui a créé il y a 20 ans (semble t'il sans autorisation) une exploitation d'arboriculture intensive, qui se trouve à 10 m de notre résidence. La haie qui nous protégeait un minimum a été détruite par cet agriculteur et nous empoisonne régulièrement. Cette année, sur les 79 premiers jours de sa campagne de traitement nous avons subit 41 traitements divers et variés. Nous pensions que la fréquence de traitement pour les pommes était de 30-40 traitements comme il est généralement admis mais à ce rythme actuel cela risque de doubler. En plus il brûle régulièrement des branches contaminées ainsi que des sacs d'emballage vides. L'empoisonnement de tout un quartier habité est connu, toléré pa les autorités tant préfectorales que municipales...Le père de l'exploitant agricole entretenait un minimu de relation avec nous tant et si bien que celui-ci prenait quelques mesures de précaution, mais son fils à la tête de l'exploitation maintenant a modifié cette relation et nous avons été contraints à engager une procédure judiciaire contre lui. Nous sommes très gravement empoisonnés depuis plusieurs années et d'autres habitants, voisins, commencent à s'en émouvoir. mais ce préjudice, considérable, est difficile à apprécier, à chiffrer. Eu égard à l'impossibilité de tout dialogue, nous avons engagé une procédure judiciaire. Néanmons, le Conseil est embarrassé ainsi que l'expert local qui a été commis. Ainsi, je sollicite recherche, aide technique pour avancer. La propagation des pesticides telle que les autorités l'acceptent actuellement est scandaleuse car elle met gravement en péril la santé publique. Nous attendons un sursaut de leur part!"